Wonder Woman : où sont les femmes ?

C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

Avec Wonder Woman, DC Comics abandonne. Fini les films plus sombres, décalés ou matures. Fini aussi les artifices incessants de Zack Snyder. À présent, reproduisons allègrement la formule Marvel et les fans seront contents ! Résultat : Wonder Woman est le plus réussi des films DC Comics depuis les ‘Dark Knight’ de Christopher Nolan.

Au coeur de cette recette huilée du film de super-héros se trouve un duo qui fonctionne : Gal Gadot et Chris Pine. Ensemble, ils donnent du rythme, du charme et un zeste d’humour au récit. Gal Gadot EST Wonder Woman et Chris Pine son acolyte qui l’accompagne tout au long de cette ‘Origin Story’.

Mis à part le premier acte, le film rappelle en tout point le Captain America : First Avenger de Marvel. À l’exception bien sûr que la protagoniste est une femme et non un homme. La réalisatrice Patty Jenkins s’amuse avec les stéréotypes de la gente masculine et féminine pour nous livrer un portrait de notre société inégale, sans pour autant tomber dans la dénonciation.

Simple, fun et parfois drôle, Wonder Woman a toutes les qualités et les défauts d’un Marvel. La glorification d’une femme le rend toutefois un rien plus jouissif. Mais, en suivant d’un peu trop près la recette instaurée par Iron Man, le film échoue à nous surprendre. Si la barre n’était plus bien haute chez DC Comics, Wonder Woman la remonter d’un cran.

Wonder Woman : une icône pour les femmes ?

Enfin, je dois me prononcer sur ce faux débat qui a lieu actuellement à propos de la représentation d’une femme forte sur grand écran qui serait, pour le coup, une icône potentielle pour la cause féministe à Hollywood comme dans le monde entier. Si Wonder Woman est bien l’élément fort des scènes d’action, elle ne demeure malheureusement pas moins qu’une héroïne naïve parmi des hommes expérimentés durant tout le reste du film. Sans l’aide de ses complices masculins, elle ne serait ni plus ni moins qu’une cinglée se promenant dans Londres avec une épée, un lasso et un bouclier. Et je ne parle même pas du rôle crucial de l’homme dans le climax !

Alors, bien sûr, il y a quelques scènes représentatives de la supériorité des hommes sur les femmes et, par moment, notre protagoniste se défend bien. Mais nous ne pouvons certainement pas dire que Wonder Woman soit une figure plus forte qu’Erin Brockovich. Selon moi, le vrai progrès repose sur le choix de Patty Jenkins à la réalisation. Confier 150 millions de dollars à une femme pour faire un film, c’est une première ! Et, vu le succès de film, espérons que ce soit le début d’une longue série.

Note : 7/10