Critiques de films

Le Roi Arthur : une copie à revoir…

Jeune homme futé, Arthur tient les faubourgs de Londonium avec ses potes, sans se douter du grand destin qui l’attend… Jusqu’au jour où il s’empare de la célèbre épée Excalibur. Mis au défi par le pouvoir du glaive, Arthur est aussitôt contraint de faire des choix difficiles. Rejoignant la Résistance, il doit apprendre à maîtriser l’épée, à surmonter ses démons et à unir le peuple pour vaincre le tyran Vortigern.

Critique du film ‘Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur’

Après avoir adapté Sherlock Holmes et rendu hommage à la série The Man from UNCLE avec une certaine réussite, Guy Ritchie s’attaque désormais à la légende du Roi Arthur. Une première pour ce réalisateur atypique qui n’avait jusqu’ici jamais raconté d’histoires fantastiques.

Le résultat est un film d’aventure précipité et peu inspirant qui répond visiblement à une commande de studio. C’est simple, personne ne semble y croire. Le casting est séduisant sans être convaincant et la patte reconnaissable de Ritchie n’apparaît que trop rarement pour moderniser et rythmer efficacement ce récit classique.

C’est dommage car le Roi Arthur contient de bonnes idées comme l’association d’un pouvoir magique à l’épée d’Excalibur ou encore le fait de remplacer les batailles en plein air par des tours de passe-passe en ville. Malheureusement, ces quelques points positifs sont noyés dans une compilation insipide de montages, bastons et dialogues sans saveurs.

Confrontée à ce brouillon, la post-production tente de nous faire passer la pilule avec un montage ultra-rapide, une bande-son assourdissante et des effets spéciaux parfois impressionnants. Je pense à la scène d’ouverture qui est une démonstration de force complètement inutile, servant uniquement à accrocher le spectateur.

Si le réalisateur semble avoir définitivement troqué ses films de gangster pour les blockbusters hollywoodiens, son énergie débordante et son style unique semblent s’être égarés en chemin…

Note : 4 / 10

Get Out : black lives don’t matter

Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable…

Critique du film ‘Get Out’

Si vous avez lu la sélection des 5 films à voir en mai 2017, vous saurez que ‘Get Out’ du génial Jordan Peele était attendu au tournant, notamment suite aux critiques ultra-positives de la presse US (99% sur Rotten Tomatoes). Du coup, c’est avec beaucoup d’impatience et d’excitation que je me suis installé devant l’écran, prêt à vivre 1h44 d’angoisse, moi qui tremble facilement devant les films à suspense.

Au générique de fin, un grand sourire s’affiche sur mon visage ! Oui, ‘Get Out’ est un thriller qui fonctionne : un héros attachant, des dialogues justes, une tension montante, de bons retournements et une touche d’humour plus que bienvenue. Rajoutez à cela le contexte intéressant du traumatisme post-Obama et le tour est réglé, comme sur du papier à musique !

Pour être jugée impeccable, toute partition se doit de suivre ou bousculer des codes établis. Et, comme toutes les ficelles classiques de l’horreur s’y retrouvent, le film échoue à conserver son mystère bien longtemps. C’est simple, à la moitié de ‘Get Out’, j’en devinais déjà la fin… Heureusement, l’enchainement rapide des événements combiné au talent de Daniel Kaluuya seront suffisants pour vous tenir en haleine.

Même si, une fois cartes sur table, le film perd en originalité et en puissance, ‘Get Out’ reste une excellente première réalisation pour Jordan Peele et un thriller efficace qui en fera trembler plus d’un, peu importe sa couleur de peau.

Note : 7,5 / 10

The Edge of Seventeen : un film d’adulescents

Nadine et Krista découvrent les joies de l’adolescence à 17 ans. Mais leur belle amitié est mise à mal lorsque la première apprend que la seconde sort avec son grand frère…

Critique du film ‘The Edge of Seventeen’

Malgré les apparences, The Edge of Seventeen n’est pas un film exclusivement pour les adolescents. Certes, il remplit cette fonction avec brio mais ne s’arrête pas en chemin pour nous proposer un lifting fort appréciable du genre souvent mal exploité.

Très bien écrit, ce film a le don de mettre des mots d’adultes dans la bouche des plus jeunes, un peu comme le faisait la série Dawson dans la fin des années 90 (Et oui, tu le sens aussi le coup de vieux ?). Dès lors, plutôt que de se retrouver dans des situation grotesques avec des dialogues édulcorés, nous sommes témoins de moments émotifs et sincères car réalistes.

Autre atout non négligeable, le soin apporté au développement des personnages. Dans la plupart des histoires d’ados, les personnages ne servent qu’à faire évoluer le héros ou l’héroïne. Ici, on comprend les motifs de presque chaque individu : du beau gosse qui profite de son look en passant par l’outsider et le ‘people’ qui masque son chagrin. Bien que tous assez classiques, ils ne tombent jamais dans la caricature, ce qui relève de l’exploit !

Enfin, en incarnant le personnage de Nadine à la perfection, la jeune actrice Hailee Steinfeld (20 ans) prouve ici qu’elle est faite pour rester après son rôle déjà fort remarqué dans True Grit des frères Coen. Quelque chose me dit qu’elle va se hisser doucement au même rang que Shailene Woodley et Jennifer Lawrence.

The Edge of Seventeen, c’est un regard d’adulte sur l’adolescence. Un flash-back 100% brut qui fait plaisir et mal à la fois, si vous voyez ce que je veux dire…

Note : 8 / 10

A United Kingdom : un remède de grand-mère qui tombe à pic

En 1947, Seretse Khama, jeune Roi du Botswana, et Ruth Williams, une londonienne de 24 ans, tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Tout s’oppose à leur union : leurs différences, leur famille et les lois anglaises et sud-africaines. Mais Seretse et Ruth vont défier les ditkats de l’apartheid. En surmontant tous les obstacles, leur amour a changé leur pays et inspiré le monde.

Critique du film ‘A United Kingdom’

À première vue, ‘A United Kingdom’ a tout d’un gros téléfilm produit par la BBC : une histoire vraie ‘So British‘, des acteurs en quête de grands rôles, des enjeux classiques et beaucoup de blabla. Bref, la combinaison parfaite pour une session canapé lors d’un dimanche pluvieux ! Alors oui, mais pas que…

De par le regard juste d’Amma Asante et les très bonnes performances du duo David Oyelowo – Rosamund Pike, le film balaye rapidement nos préjugés pour progressivement s’imposer comme une histoire troublante et touchante qui a tout son sens aujourd’hui, à l’heure des tensions internationales et du retour des extrêmes sur notre vieux continent.

L’autre force du film réside justement dans sa façon d’aborder la ségrégation. À l’exception de deux ou trois scènes un peu cul-cul, le sujet est traité avec sincérité et respect. Je suis persuadé que l’implication de la réalisatrice d’origine africaine y est pour quelque chose car, bien souvent, le traitement de cette thématique est poussé à l’extrême.

Enfin, si la qualité d’exécution demeure l’atout principal du film, il ne faut certainement pas oublier de mentionner la beauté des scènes tournées au Botswana, apportant un réel contraste avec le Londres enfumé d’après-guerre.

A United Kingdom, c’est un peu comme un remède de grand-mère : c’est classique mais terriblement efficace. À l’heure des explosions (réelles ou fictives), des conflits naissants, des élections chocs et de la peur incessante, ce message traditionnel remplit de positivisme fait énormément de bien !

Note : 7 / 10

Gold : récit d’un film écarté de la course aux Oscars

Kenny Wells a grandi dans le milieu des chercheurs d’or. Tout comme son père, il n’a pas peur de gravir des montagnes et de creuser le sol pour faire fortune. Mais dans un monde où le simple jeu du hasard peut faire la différence entre un milliardaire et un loser absolu, on ne peut pas dire que la chance ait souri à Kenny. Pourtant, l’homme incarne l’esprit d’entrepreneur par excellence et la foi inébranlable dans la capacité à surmonter tous les obstacles.

Il vend donc le peu qu’il lui reste et part à l’autre bout de la planète : en Indonésie. Il a la conviction qu’il va trouver de l’or dans l’une des jungles les plus denses et les plus terrifiantes du monde : Bornéo. Après s’être associé avec le légendaire géologue Mike Acosta, ils vont devoir affronter ensemble la nature, les institutions financières de Wall Street et les pires complots…

Critique du film

Réalisé par Stephen Gaghan, scénariste récompensé pour ‘Traffic’ et réalisateur du controversé ‘Syriana’, Gold est l’exemple même du film à Oscars. Une histoire à l’américaine avec des enjeux et retournements certes prévisibles mais efficaces, un acteur vedette qui en fait des tonnes (Matthew McConaughey), des lieux somptueux et un casting impeccable. Mais alors, comment se fait-il que l’on ait pas entendu parlé davantage de Gold ?

Tour d’abord, parce que cela reste très ‘classique’. En effet, Gold n’apporte rien de neuf, rien de transcendant. Aucune scène magique ou réplique culte. Même le très bon McConaughey s’essouffle. Ses mimiques ne font plus mouche et son changement de look reste ici accessoire, à l’inverse de sa perte de poids pour l’excellent Dallas Buyers Club.

Ensuite, parce que Gold raconte deux histoires inégales : celle de chercheurs d’or au coeur de la jungle indonésienne et celle des ‘loups de Wall Street’ qui sautent sur le moindre carat. La première est de loin la plus rafraîchissante et prenante tandis que la seconde sent le réchauffé. De par ce changement soudain d’atmosphère (au beau milieu du film), beaucoup risquent de ‘déconnecter’.

Enfin, le coeur du récit réside dans l’amitié entre Kenny Wells et Mike Acosta (le très bon Edgar Ramirez). Celle-ci nait et évolue dans la première moitié du film mais disparaît pratiquement dans la seconde, sans doute pour laisser plus de place au bling-bling et à la prestation de McConaughey.

Malheureusement, ces défauts empêchent le film de dépasser le statut de bon divertissement et l’ont très justement écarté de la course aux Oscars. Allez-y si vous aimez les success-stories à l’américaine. Pour le reste, je vous conseille de le regarder une fois en VOD, DVD ou à la télévision.

Note : 6,5/10