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RottenTomatoes : virus pour la critique ?

J’ai passé la semaine en France et, comme le « Dunkerque » de Christopher Nolan est uniquement disponible en VF dans le cinéma de proximité, je me suis résolu à le voir en anglais ce dimanche, une fois de retour à Bruxelles. Impatient comme je suis, je consulte régulièrement mon smartphone afin de récolter plusieurs avis sur le film. Si ce que j’ai pu voir m’a rassuré quant à la qualité de ce dernier, je n’ai pu m’empêcher de constater un phénomène troublant et dangereux à la fois pour l’exercice de la critique de film mais aussi (et surtout) pour le septième art. Ce virus, c’est la moyenne des cotations, un système de classement proposé par des sites tels que RottenTomatoes ou Metacritic.

Attention, je n’ai rien contre la cotation en elle-même. Je l’utilise d’ailleurs sur mon propre site en conclusion de mes critiques. Pour moi, c’est un moyen de transmettre mon sentiment général via un indicateur simple que nous reconnaissons tous de par nos beaux jours à l’école. Sur d’autres sites, vous retrouverez bien souvent d’autres types de classification (« 5 étoiles », « à voir ! » ou encore « coup de cœur »). Tant que cette note ou échelle de valeur est attachée à un avis constructif, elle ne me pose aucun problème. Comme je le disais plus haut, ce sont les moyennes qui me dérangent.

Reprenons l’exemple de « Dunkerque ». Un jour avant sa sortie, la moyenne générale des critiques était disponible sur RottenTomatoes et Metacritic : 93% et 94% respectivement. Je vais ensuite voir l’une de mes émissions préférées sur YouTube où le type, qui aime globalement bien le film (vidéo ci-dessous), doit littéralement s’excuser à plusieurs reprises avant d’émettre le moindre sentiment négatif, par peur de perdre ses abonnés qui, après avoir été voir la note générale sur Internet, sont persuadé qu’il s’agit du meilleur film de Nolan à ce jour, si pas du meilleur film de tous les temps ! Nous ne sommes pas loin de la lobotomie…

Bien sûr, certaines critiques oseront partager leur avis sans concession, d’autres rédigeront un double article pour faire un « pour ou contre » afin de satisfaire tout le monde. Mais, la grande majorité sera, comme ce pauvre YouTubeur, obligée d’édulcorer voire de modifier ses propos afin de contenter la masse. Too much ? Pas tellement. Car cette pression s’applique aussi dans le petit univers de la critique. « Tu as été très gentil avec ce film, c’est pourtant de la merde ! », « Tu as vu ce qu’en pense la critique US ? », « Quoi ? Tu ne l’as pas vu ?! », etc.

En donnant le ton à toutes les critiques du monde entier (à l’exception bien sûr du panel d’américains et/ou anglais sur lesquels la moyenne se base), les grands sites de cotation sont devenus les premiers influenceurs de l’industrie du cinéma. Si le film n’excède pas les 80% ou n’est pas certifié ‘Fresh’, pas la peine de débourser 10 euros voire même de le télécharger ! N’est-ce pas un peu trop réducteur ? Alors, bien sûr, si un film est noté 4%, on peut sérieusement douter de sa qualité mais que devons-nous faire des 50, 60 ou encore 70% ?

Le « Valérian » de Luc Besson est ici un bon exemple. Le film a « raté sa sortie » en recevant une côte de 71% outre-Atlantique. Si le film n’est pas parfait, je considère tout de même que c’est une expérience originale et rafraîchissante à voir en salle (ma critique est disponible ici). Comment exprimer un tel avis par une note ? Si je lui donne un 7/10, vous n’irez sans doute pas le voir. Du coup, je me retrouve tenté de lui donner un 8/10. On en arrive donc au énième problème de l’agglomération d’avis : la surévaluation. Chaque année, nous entendons les mêmes phrases : un chef d’œuvre, le meilleur film d’horreur, il se surpasse dans ce film, etc. Forcément, il faut maintenant tout exagérer pour faire passer le message ! Soit ça pue, soit c’est magique.

L’autre jour, en passant au magasin, je suis tombé sur le Blu-ray de ‘The Revenant’ que je n’ai pas vu (une hérésie). J’avais oublié ce film dont tout le monde parlait sans cesse il y a à peine 2 ans. En étant tous des « tendances de l’année » ou « phénomènes du moment », les bons films passent aussi plus vites aux oubliettes.

Coup de gueule ou pas, je suis souvent nostalgique du temps où l’on ouvrait le supplément du mercredi pour découvrir les pages culture et y lire les critiques de journalistes auxquels nous nous identifions. En lisant les résumés et en regardant les photos, nous étions déjà séduits par certains longs métrages. Bonne surprise ou pas, il fallait faire confiance à l’auteur et aller découvrir le film en salle pour se forger sa propre opinion. L’élément de surprise, la variante manquante des sites de cotations…

Fin du cinéma : et si Spielberg avait tort ?

En 2013, Steven Spielberg et George Lucas prédisaient la fin du cinéma devant une poignée d’étudiants de l’USC School of Cinematic Arts. Selon les réalisateurs, les grands studios vont se perdre dans la course aux blockbusters, ce qui va forcer les plus petites productions à s’exiler vers les services de VOD (Netflix, Amazon, etc.). Les salles obscures diffuseront alors uniquement quelques gros films ‘événement’ sur l’année, tous rentables pour les studios comme pour les exploitants. Drôle de constat venant de ceux qui ont justement lancé le mouvement des « Summer Movies » avec ‘Jaws’, ‘Indiana Jones’ ou encore ‘Star Wars’. Mais est-ce bien vrai ? Les blockbusters sonnent-ils la mort du cinéma ? Comment régénérer l’intérêt pour les salles obscures ? 

Blockbusters : une science loin d’être exacte ! 

Si il y a bien une part de vérité dans les dires de ces deux savants du cinéma Hollywoodien, force est de constater que plusieurs contre-exemples viennent perturber leur prédiction. À commencer par les résultats des blockbusters qui, chaque année, nous prouvent que la formule est loin d’être une science exacte. Investir plus de 150 millions dans un film ne garanti pas un succès planétaire. ‘La Momie’, ‘Baywatch’, ‘King Arthur’ et ‘Pirates de Caraïbes 5’ sont déjà les grosses déceptions de l’été 2017. Leur point commun : un manque criant d’originalité et une exécution paresseuse qui provoque une déferlante de mauvaises critiques. Quand on paie 9 euros pour sortir de chez soi et s’asseoir deux heures devant un écran alors qu’on pourrait mater une bonne série au lit ou jouer à FIFA, cela ne pardonne pas !

Si le cinéma veut survivre, les studios doivent tout miser sur la qualité et l’originalité de leurs films plutôt que de chercher des coupables auprès du marketing, des médias ou pire, des plateformes concurrents.

The Lone Ranger fut un désastre en 2013 avec une recette de 83 millions de dollars pour un budget de 215 millions !

Une guerre perdue d’avance ? 

Avec Netflix qui grandit au quotidien, il est normal que les studios s’affolent. L’offre du service est de plus en plus complète et audacieuse. Mais le développement du VOD n’est-il pas justement une opportunité en or pour les producteurs et les salles obscures ? En effet, sortir un film coûte cher son exploitation fait souvent perdre de l’argent au studio comme au gestionnaire de cinéma. Avec 8 à 10 nouvelles productions à l’affiche chaque semaine, il est inévitable qu’une bonne moitié d’entre elles fassent un flop. Dès lors, pourquoi ne pas profiter de l’éclosion du streaming pour réduire le nombre de sorties en salle ? Certaines productions bénéficieraient même davantage d’attention et les risques ainsi que les coûts seraient amoindrit pour toutes les parties.

Diminuer le nombre de films à l’affiche est un « win-win » pour tous ! Les spectateurs y voient plus clair, le risque est réduit pour les studios comme pour les exploitants et les productions moins attractives trouvent leur audience sur les services de streaming qui enrichissent leurs offres au passage.

Réduire le coût des productions

Les films les plus rentables sont rarement ceux qui coûtent le plus cher. Cette année encore, Get Out de Jordan Peele nous prouve qu’avec 4,5 millions de dollars, on peut en rapporter 250 millions. L’ an passé, c’est le film d’action Deadpool qui créa la surprise avec 783 millions de dollars de recettes pour un coût total de 58 millions. Ceci, sans mentionner La La Land qui rapporta près de 450 millions pour une production estimée à 30 millions de dollars. Il n’y a pas photo, le retour sur investissement des petites et moyennes productions est nettement plus intéressant que celui des blockbusters. D’ailleurs, je rappelle au passage que le coût des premiers blockbusters de Spielberg et Lucas avoisinaient les 10 millions de dollars par film, soit 15 à 20 fois moins que ceux d’aujourd’hui !

Split a rapporté 276 millions de dollars pour un budget de 9 millions.

Du coup, est-ce que les studios ne se sont pas un peu emportés avec les blockbusters ? Ne pourraient-ils pas réduire le coût de leurs productions ? En consacrant moins d’argent aux effets spéciaux et artifices très coûteux, ne forceraient-ils pas les équipes a trouver des moyens innovants et efficaces de raconter leurs histoires ? Ne forceraient-ils pas non plus les réalisateurs à se concentrer sur le storytelling et les émotions des spectateurs plutôt que sur le prochain « money shot » qui sera à coup sûr dans la bande-annonce ? Enfin, si les productions sont moins chères, ne pourrait-on pas envisager de réduire sensiblement le prix des tickets afin de ramener plus de monde au cinéma ?

Je sais, j’en demande beaucoup et mes souhaits ne se réaliseront probablement pas. Mais, en tant qu’amoureux du cinéma de divertissement, ça me fait de la peine de voir qu’autant de talent et d’argent est gâché dans une machine qui nous montre ses limites semaine après semaine et qui contribue indéniablement au déclin des salles obscures. Ce n’est pas le VOD qui tue le cinéma, c’est l’esprit corporatiste des studios qui oublient que tout bon gestionnaire se doit de penser pognon et qualité en même temps. Le jour ou Netflix produira son ‘Titanic’, il sera trop tard..

5 films à avoir en juin 2017 !

La Momie (sortie le 7 juin 2017) 

Tom Cruise lance la toute nouvelle franchise d’Universal consacrée aux monstres classiques des années 30 : La Momie, Dracula, Frankenstein, etc. Bien sûr, le tout sera mis au goût du jour avec une pluie de cascades et d’effets spéciaux ainsi qu’un casting 5 étoiles avec Johnny Depp, Russel Crowe et Javier Bardem. Le scénariste Alex Kurtzman a eu l’énorme responsabilité de réaliser ce premier volet, nous verrons le 7 juin si le pari est réussi.


The Promise (sortie le 14 juin 2017) 

Christian Bale, Oscar Isaac et Charlotte le Bon forment un triangle amoureux à Constantinople en 1922. Ensemble, ils vont y vivre les derniers jours de l’Empire Ottoman. Même si la critique outre-mer ne semble pas convaincue par l’histoire d’amour, nombreux sont ceux qui applaudissent le film pour sa représentation fidèle d’un événement historique jusqu’ici peu représenté sur grand écran. À ne certainement pas manquer si le sujet vous intéresse !


Wonder Woman (sortie le 21 juin 2017) 

L’ été commence officiellement avec la sortie de Wonder Woman ! La sublime Gal Gadot reprend son rôle initié dans Batman vs Superman pour plonger dans la première guerre mondiale en compagnie de Chris Pine. Si la bande-annonce rappelle le premier Captain America, les critiques US donnent sacrement envie (96% sur Rotten Tomatoes). Un bon film à popcorn pour démarrer les festivités, que demander de plus ? Ha oui, une femme comme héroïne et une autre femme derrière la caméra !


It Comes At Night (sortie le 28 juin 2017) 

Chaque nuit, un homme s’enferme avec sa famille dans une maison isolée au coeur de la forêt pour se protéger d’une menace qui rode à l’extérieur. Personne n’entre ou ne sort de l’unique et seule issue, constamment verrouillée. Alors qu’il accepte de recueillir une autre famille sous son toit, il constate une fois la nuit tombée que la porte est restée ouverte… Ce thriller psychologique de Trey Edward Shults explore la monstruosité humaine et, à la simple vue de la bande-annonce, nous glace le sang.


Le Manoir (sortie le 28 juin 2017) 

Le premier ‘gros’ film avec plusieurs YouTubeurs français sort au cinéma la même semaine que Transformers 5. Si ce n’est certainement pas le meilleur timing, Le Manoir n’en demeure pas moins attendu. Pourquoi ? Tout simplement pour savoir si ces messieurs dames réussissent le passage sur grand écran et s’ils parviennent à produire un comédie de qualité. J’ai de gros doutes mais ma curiosité prend le dessus.

4 nouveaux Avatar confirmés d’ici 2025 !

Dans un récent communiqué de presse, la FOX confirme les rumeurs qui indiquaient que 4 films ‘Avatar’ sortiraient entre 2020 et 2025 sur les écrans du monde entier (dates pour la Belgique ci-dessous) :

Avatar 2  16/12/2020
Avatar 3  15/12/2021
Avatar 4  18/12/2024
Avatar 5  17/12/2025

Cela fera précisément 11 ans que les spectateurs n’auront plus entendu parler des bonhommes bleus et de la planète de Pandora. Ne sera-t-il pas un peu tard pour une suite ? As-t’on vraiment envie d’y retourner ? Surtout que, mis à part la prouesse visuelle de James Cameron, les héros du premier volet n’avaient rien de très emballant…

Au suivant !

À la question du délai, l’intéressé répond qu’il a fini d’écrire les 4 prochains films et qu’il s’occupe simultanément de la pré-production de ces derniers. L’objectif : boucler les suites et la fin de la saga en huit ans top chrono alors que le premier avait pris 4 ans à lui tout seul. C’est ambitieux mais plutôt positif car cela signifie que Cameron a un réel plan derrière la tête, chose qui se fait rare dans l’industrie.

Sous l’ocean

Autre argument pour justifier ce laps de temps ainsi que la pertinence d’avoir un nouveau ‘Avatar’ en 2020, le développement et l’utilisation de nouvelles techniques : motion capture sous l’eau, 3D avec une résolution 4K, 120 images par seconde, etc. Le réalisateur se vante même de travailler sur une méthode de visionnage 3D qui ne nécessiterait pas de lunettes. Un vraie révolution !

Un risque très faible

Enfin, même si seulement un tiers des spectateurs d’Avatar iraient voir le prochain, la suite amasserait tout de même près d’un milliard de dollars au Box-Office. Pour rappel, le premier avait explosé tous les records avec une recette totale de 2,78 milliards sur les cinq continents. Développer 4 suites représente donc un risque faible qui peut rapporter très gros ! Serait-ce le bon moment d’acheter des actions de la 20th Century Fox ?

3 choses que vous ne savez pas encore sur Dunkerque !

Prochain film du génial Christopher Nolan, Dunkerque pointe à nouveau le bout de son nez avec une nouvelle bande-annonce virevoltante et haletante, à voir de toute urgence (ci-dessus). Sur les écrans belges le 19 juillet, que nous réserve vraiment ce long métrage ? Serait-ce le ‘Sauver Soldat Ryan’ de Nolan ou un thriller rythmé sur fond d’histoire vraie ? Voici 3 choses que vous ne savez probablement pas encore sur Dunkerque, accompagnées de 3 photos du tournage :

1. Trois récits en un  

Le maître de l’histoire alambiquée est aux commandes. Du coup, attendez-vous à une narration non linéaire et ambitieuse. L’histoire vraie du sauvetage de Dunkerque sera dès lors racontée en utilisant trois points de vue. Celui des soldats coincés sur la plage (avec Harry Styles, membre du boys band One Direction, si vous ne le saviez pas encore), celui de l’implication des civils dans le sauvetage (avec Mark Rylance) et enfin celui de l’aviation (avec Tom Hardy).

Harry Styles réclame à boire chez un habitant de Dunkerque

© MaxPPP

2. Un film quasi-muet

Christopher Nolan l’annonçait dans une interview au magazine Premiere, Dunkerque sera son film avec le moins de dialogues. En effet, le réalisateur ne souhaitait pas raconter le passé des personnages mais se concentrer entièrement sur l’instant présent et la viscéralité des événements : Vont-ils s’en sortir ? Vont-ils se faire tuer par la prochaine bombe ? Les bateaux vont-ils réussir à rejoindre l’Angleterre ?, etc.

© MaxPPP

3. 24 jours de tournage à Dunkerque

Fervent défenseur des effets spéciaux mécaniques, Nolan a confisqué la plage de Malo-les-Bains à Dunkerque pendant près d’un mois pour tourner des scènes à la fois réalistes et impressionnantes. Bateaux de guerres dans le port, avions réels et miniatures dans le ciel, explosions, jeeps et soldats en carton, le moins que l’on puisse dire, c’est que lui et son équipe ont sorti l’artillerie lourde. Pour plus d’images et de vidéos amateur du tournage, rendez-vous sur le site de France 3.

© MaxPPP