Mois : août 2017

The Circle : du potentiel gâché !

Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c’est une opportunité en or ! Tandis qu’elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l’entreprise, Eamon Bailey, l’encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l’éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l’avenir de ses amis, de ses proches et de l’humanité tout entière…

Sur papier, The Circle a tout pour être un excellent thriller américain : deux stars montantes (Emma Watson & John Boyega), Tom Hanks, James Ponsoldt à la réalisation, un scénario signé Dave Eggers et un propos contemporain qui fait mouche, à savoir l’utilisation abusive des données personnelles par les réseaux sociaux et autres plateformes web. Malheureusement, le film compte trop de problèmes et se révèle beaucoup moins intéressant que sa prémisse…

La faute à un scénario et des dialogues très génériques qui ne donnent aucun relief aux personnages. Emma Watson a beau être charmante, son rôle ne lui permet pas de montrer de quoi elle est capable. John Boyega et Tom Hanks, quant à eux, sont nettement plus intéressants mais pratiquement absents au montage. Une imposture quand on sait qu’ils occupent une place importante sur les posters ainsi que dans les différentes bandes-annonces.

L’absence de charisme et de rebondissements rend The Circle difficile à digérer. À cela s’ajoute une mise en scène très kitsch, parfois proche du ‘teen drama’, ce qui déforce le message du film. Ce dernier a également le vilain défaut de nous être présenté sans relâche au fil de séquences de plus en plus absurdes et de moins en moins crédibles (je sais que notre utilisation de la technologie va loin mais les exemples repris dans ce film dépassent les bords).

Au final, The Circle est une grosse déception. Comme dit le personnage d’Emma Watson lors de son entretien d’embauche : il n’y a rien de pire que du potentiel gâché ! On ne la contredira pas…

Note : 3/10

Comme Nos Parents : un drame sans conflits

Rosa fait tout pour être parfaite dans son métier, comme mère, fille, épouse et amante, mais elle peine à tout concilier. Fille d’intellectuels engagés et mère de deux filles pré-adolescentes, elle se retrouve piégée par les exigences de deux générations. De plus, son mari la laisse souvent seule pour son travail. Sa vie bascule lorsque sa mère lui révèle un secret qui la pousse à découvrir qui elle est réellement.

Doté de performances impeccables et d’une mise en scène criante de réalisme de par le passé de documentariste Laís Bodanzky, ‘Comme Nos Parents’ avait toutes les cartes en main pour être un excellent drame sur la place de la femme dans notre société et la remise en question du modèle familial traditionnel. Un sujet ô combien contemporain et universel qui ne manque certainement pas d’intérêt !

En voulant à tout prix mettre son message au premier plan, Laís Bodanzky oublie une règle importante du cinéma : il vaut toujours mieux montrer que dire les choses. De la première phrase de dialogue au tout dernier plan, nous sommes sans cesse rappelé des intentions de chaque personnage ainsi que du sujet du film. Ce trop peu de subtilité s’avère rapidement lassant et, au final, finit par déforcer le propos de l’œuvre.

Autre problème, le scénario a des airs de fourre-tout issu d’une session de brainstorming où aucune idée n’a été jetée à la poubelle. Du coup, en deux heures de film, nous voyons Rosa vivre une multitude de choses qui, pour pas mal d’entre elles, seront sans suite ni résolution.

Enfin, dernier bémol d’envergure pour un drame familial : le manque de conflits. Pourtant, il avait vraiment de quoi faire tant les éléments semblent s’acharner sur notre protagoniste. Bien souvent, cette dernière passe outre avec la plus grande simplicité, ce qui ne nous permet pas de nous investir et de la soutenir. Nous ne pouvons que faire preuve de compassion.

Si ‘Comme Nos Parents’ offre une véritable leçon de réalisme de par son jeu d’acteur et sa mise en scène, le film échoue à dépasser le statut de ‘documentaire’ pour nous faire vivre et ressentir les questionnements de Rosa.

Note : 6/10