Mois : juillet 2017

La Planète des Singes : Suprématie

César et les Singes sont contraints de mener un combat dont ils ne veulent pas contre une armée d’Humains dirigée par un Colonel impitoyable. Les Singes connaissent des pertes considérables et César, dans sa quête de vengeance, va devoir lutter contre ses instincts les plus noirs. Au terme d’un périple qui le conduira à un face à face avec le Colonel, les Singes et les Humains vont se livrer une guerre sans merci à l’issue de laquelle une seule des deux espèces survivra – et dominera la planète.

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Nous avons vu les singes devenir plus intelligents dans ‘Les Origines’, nous avons vu les humains lutter pour leur survie dans ‘L’Affrontement’ et nous avons maintenant l’assaut final entre les deux camps pour la ‘Suprématie’. Le tout, à travers les yeux de César, le chimpanzé brillamment interprété en Motion Capture par Andy Serkis à qui ne devons déjà Gollum, King Kong ou encore le Capitaine Haddock dans le Tintin de Spielberg.

Il y a donc une réelle constance entre les différents volets de la trilogie, ce qui est très appréciable car de plus en plus rare. Matt Reeves, déjà réalisateur du second film, a su trouver l’atmosphère idéale pour explorer l’univers des Singes et la détresse des Hommes. Bien que le conflit soit massif et l’enjeu énorme, nous restons proches des protagonistes et l’action se déroule dans seulement 5 à 6 endroits, ce qui donne un côté intime à ce récit pourtant XXL.

Qui dit intimité dit importance du jeu d’acteur, des personnages et de leur développement. Grâce aux avancées considérables de la Motion Capture et au talent incroyable des artistes et techniciens qui font vivre les primates, ‘Suprématie’ contient tout simplement les meilleures performances offertes par ce procédé unique. Du regard perçant des singes au rendu impeccable des poils et textures, le film tournera très certainement en boucle sur les meilleures télévisions des magasins d’électro-ménagers. Woody Harrelson interprète lui aussi son rôle de Colonel perturbé à merveille !

Enfin, si le film est beau, l’atmosphère saisissante et les personnages bien interprétés, l’histoire se distingue également. Point faible du second opus, le récit est ici réduit à l’essentiel, c’est à dire aux émotions et enjeux des personnages. De bonnes surprises figurent également tout au long du périple, ce qui contribue à rendre l’ensemble moins prévisible.

‘Suprématie’ achève la trilogie avec brio et offre une fin satisfaisante aux aventures de César. Avec un récit plus prenant et une maîtrise totale de la Motion Capture, cette conclusion parvient même à surpasser les films précédents. Un phénomène rare au cinéma.

Note : 8/10

Gifted : le drame familial de l’été ?

Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques.

D’abord réalisateur de clips pour ados (Green Day, Avril Lavigne, Miley Cyrus, etc.), Marc Webb s’est fait connaître en 2009 avec la très rafraichissante comédie romantique ‘500 jours ensemble’. Propulsé immédiatement dans le cercle des jeunes talents d’Hollywood, Sony lui confia le reboot de la franchise Spider-Man en 2012 avec Andrew Garfield dans le rôle-titre. Si le premier volet fut plutôt bien accueilli, le second fut un échec cuisant, forçant le réalisateur à s’éloigner des grosses productions pour revenir au style dramatique qui lui colle à la peau.

Le voici donc de retour avec Gifted : un drame US intimiste à propos d’une fillette surdouée (McKenna Grace) qui, suite au suicide de sa mère et face à son potentiel hors-norme, se retrouve au milieu d’un conflit familial pour sa garde entre son oncle ‘normal’ d’un côté (Chris Evans) et sa grand-mère fortunée de l’autre (Lindsay Duncan).

Si le trio d’acteurs fonctionne bien, Chris Evans est un cran en-dessous, victime ici de son physique d’Avengers et de son jeu d’acteur monotone. Comparé à la véritable révélation McKenna Grace (11 ans) et à la toujours juste Lindsay Duncan, notre ‘Captain America’ n’est pas crédible en américain-type réparant des bateaux dans le fin fond de la Floride. La charge émotionnelle du film nous vient donc principalement de la petite fille ainsi que des quelques apparitions d’Octavia Spencer, excellente dans son second rôle de voisine volant à la rescousse.

Un réparateur de bateaux en Floride, un procès pour la garde d’une enfant, les élites contre les gens normaux. Bref, rien de très original au scénario et rien de transcendant non plus à la réalisation. Gifted est un retour aux sources (trop) simple mais en même temps très efficace pour Marc Webb et Chris Evans qui, en sortant ce film à l’entame de l’été, font comme un doigt d’honneur discret aux plus grosses productions.

Ultra-prévisible, simple mais toujours juste et prenant, Gifted est un drame à l’américaine on ne peut plus classique. La performance impressionnante de la jeune Mckenna Grace le distingue toutefois du lot et en fait une très bonne alternative aux mégas-films de l’été.

Note : 7/10