Mois : juin 2017

Transformers 5 : Oops!… He did it again

The Last Knight fait voler en éclats les mythes essentiels de la franchise Transformers et redéfinit ce que signifie être un héros. Humains et Transformers sont en guerre. Optimus Prime n’est plus là. La clé de notre salut est enfouie dans les secrets du passé, dans l’histoire cachée des Transformers sur Terre. Sauver notre monde sera la mission d’une alliance inattendue entre Cade Yeager, Bumblebee, un Lord anglais et un professeur d’Oxford.

Avant de s’attaquer au grand écran, Michael Bay fut un réalisateur de publicité reconnu mondialement et convoité par toutes les grandes multinationales. C’est un vendeur né, un expert du ‘Money Shot’, un as du placement de produit et un génie du gag sexiste pour pré-ados. À première vue, tout est toujours ‘Awesome’ avec Michael. The Rock, Armageddon, Pearl Harbour et même le premier Transformers. Tous des plaisirs coupables que nous regardons volontiers sous la couette lors d’une triste journée d’hiver. Si si, ne mentez pas !

Le problème, c’est que jeter de la poudre aux yeux ne marche qu’une fois, à moins de continuellement se réinventer. Chose qui visiblement n’est pas à l’ordre du jour dans la saga Transformers, à moins qu’un acteur ne quitte le navire ou que l’on soit obligé de faire quelques scènes au Moyen Âge pour justifier l’arrivée d’un robot-dragon dans la prochaine bataille. Si le packaging est impeccable, le fond est inexistant. Mark Wahlberg et le reste du casting sont présents physiquement, sans plus. Seul Anthony Hopkins semble avoir compris qu’il ne vaut mieux pas se prendre au sérieux quand on est dans un film basé sur des jouets HASBRO.

Pourtant, sans le vouloir, Michael Bay a (très) légèrement amélioré sa formule pour ce cinquième volet. Si l’histoire reste bordélique et que la moitié des personnages sont inutiles, il faut constater que certains éléments insupportables (voire inacceptables) des épisodes précédents ne sont pas dans le film. Je pense notamment à l’humour, beaucoup plus accessible et nettement moins tourné sur ‘la chose’.

Par moments, The Last Knight quitte même les scènes d’explosions pour vaciller dans le film d’aventure plus simple et intimiste. Nos protagonistes parcourent de vieux châteaux ou encore la prestigieuse bibliothèque d’Oxford à la recherche d’informations cruciales. Un jeu de piste rafraîchissant qui rappelle les deux ‘Benjamin Gates’ avec Nicolas Cage. Dommage que le concept ne soit que partiellement exploité, ce dernier pouvait être la touche de renouveau dont les Transformers ont désespérément besoin.

Si The Last Knight est sensiblement meilleur que les suites précédentes, il ne parvient pas à nous investir le temps d’une minute. Bordélique, long, bruyant et parfois lourd, ce cinquième Transformers est un énième brouhaha vide et soporifique, bien loin du plaisir coupable.

Note : 3/10

Wonder Woman : où sont les femmes ?

C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

Avec Wonder Woman, DC Comics abandonne. Fini les films plus sombres, décalés ou matures. Fini aussi les artifices incessants de Zack Snyder. À présent, reproduisons allègrement la formule Marvel et les fans seront contents ! Résultat : Wonder Woman est le plus réussi des films DC Comics depuis les ‘Dark Knight’ de Christopher Nolan.

Au coeur de cette recette huilée du film de super-héros se trouve un duo qui fonctionne : Gal Gadot et Chris Pine. Ensemble, ils donnent du rythme, du charme et un zeste d’humour au récit. Gal Gadot EST Wonder Woman et Chris Pine son acolyte qui l’accompagne tout au long de cette ‘Origin Story’.

Mis à part le premier acte, le film rappelle en tout point le Captain America : First Avenger de Marvel. À l’exception bien sûr que la protagoniste est une femme et non un homme. La réalisatrice Patty Jenkins s’amuse avec les stéréotypes de la gente masculine et féminine pour nous livrer un portrait de notre société inégale, sans pour autant tomber dans la dénonciation.

Simple, fun et parfois drôle, Wonder Woman a toutes les qualités et les défauts d’un Marvel. La glorification d’une femme le rend toutefois un rien plus jouissif. Mais, en suivant d’un peu trop près la recette instaurée par Iron Man, le film échoue à nous surprendre. Si la barre n’était plus bien haute chez DC Comics, Wonder Woman la remonter d’un cran.

Wonder Woman : une icône pour les femmes ?

Enfin, je dois me prononcer sur ce faux débat qui a lieu actuellement à propos de la représentation d’une femme forte sur grand écran qui serait, pour le coup, une icône potentielle pour la cause féministe à Hollywood comme dans le monde entier. Si Wonder Woman est bien l’élément fort des scènes d’action, elle ne demeure malheureusement pas moins qu’une héroïne naïve parmi des hommes expérimentés durant tout le reste du film. Sans l’aide de ses complices masculins, elle ne serait ni plus ni moins qu’une cinglée se promenant dans Londres avec une épée, un lasso et un bouclier. Et je ne parle même pas du rôle crucial de l’homme dans le climax !

Alors, bien sûr, il y a quelques scènes représentatives de la supériorité des hommes sur les femmes et, par moment, notre protagoniste se défend bien. Mais nous ne pouvons certainement pas dire que Wonder Woman soit une figure plus forte qu’Erin Brockovich. Selon moi, le vrai progrès repose sur le choix de Patty Jenkins à la réalisation. Confier 150 millions de dollars à une femme pour faire un film, c’est une première ! Et, vu le succès de film, espérons que ce soit le début d’une longue série.

Note : 7/10

Fin du cinéma : et si Spielberg avait tort ?

En 2013, Steven Spielberg et George Lucas prédisaient la fin du cinéma devant une poignée d’étudiants de l’USC School of Cinematic Arts. Selon les réalisateurs, les grands studios vont se perdre dans la course aux blockbusters, ce qui va forcer les plus petites productions à s’exiler vers les services de VOD (Netflix, Amazon, etc.). Les salles obscures diffuseront alors uniquement quelques gros films ‘événement’ sur l’année, tous rentables pour les studios comme pour les exploitants. Drôle de constat venant de ceux qui ont justement lancé le mouvement des « Summer Movies » avec ‘Jaws’, ‘Indiana Jones’ ou encore ‘Star Wars’. Mais est-ce bien vrai ? Les blockbusters sonnent-ils la mort du cinéma ? Comment régénérer l’intérêt pour les salles obscures ? 

Blockbusters : une science loin d’être exacte ! 

Si il y a bien une part de vérité dans les dires de ces deux savants du cinéma Hollywoodien, force est de constater que plusieurs contre-exemples viennent perturber leur prédiction. À commencer par les résultats des blockbusters qui, chaque année, nous prouvent que la formule est loin d’être une science exacte. Investir plus de 150 millions dans un film ne garanti pas un succès planétaire. ‘La Momie’, ‘Baywatch’, ‘King Arthur’ et ‘Pirates de Caraïbes 5’ sont déjà les grosses déceptions de l’été 2017. Leur point commun : un manque criant d’originalité et une exécution paresseuse qui provoque une déferlante de mauvaises critiques. Quand on paie 9 euros pour sortir de chez soi et s’asseoir deux heures devant un écran alors qu’on pourrait mater une bonne série au lit ou jouer à FIFA, cela ne pardonne pas !

Si le cinéma veut survivre, les studios doivent tout miser sur la qualité et l’originalité de leurs films plutôt que de chercher des coupables auprès du marketing, des médias ou pire, des plateformes concurrents.

The Lone Ranger fut un désastre en 2013 avec une recette de 83 millions de dollars pour un budget de 215 millions !

Une guerre perdue d’avance ? 

Avec Netflix qui grandit au quotidien, il est normal que les studios s’affolent. L’offre du service est de plus en plus complète et audacieuse. Mais le développement du VOD n’est-il pas justement une opportunité en or pour les producteurs et les salles obscures ? En effet, sortir un film coûte cher son exploitation fait souvent perdre de l’argent au studio comme au gestionnaire de cinéma. Avec 8 à 10 nouvelles productions à l’affiche chaque semaine, il est inévitable qu’une bonne moitié d’entre elles fassent un flop. Dès lors, pourquoi ne pas profiter de l’éclosion du streaming pour réduire le nombre de sorties en salle ? Certaines productions bénéficieraient même davantage d’attention et les risques ainsi que les coûts seraient amoindrit pour toutes les parties.

Diminuer le nombre de films à l’affiche est un « win-win » pour tous ! Les spectateurs y voient plus clair, le risque est réduit pour les studios comme pour les exploitants et les productions moins attractives trouvent leur audience sur les services de streaming qui enrichissent leurs offres au passage.

Réduire le coût des productions

Les films les plus rentables sont rarement ceux qui coûtent le plus cher. Cette année encore, Get Out de Jordan Peele nous prouve qu’avec 4,5 millions de dollars, on peut en rapporter 250 millions. L’ an passé, c’est le film d’action Deadpool qui créa la surprise avec 783 millions de dollars de recettes pour un coût total de 58 millions. Ceci, sans mentionner La La Land qui rapporta près de 450 millions pour une production estimée à 30 millions de dollars. Il n’y a pas photo, le retour sur investissement des petites et moyennes productions est nettement plus intéressant que celui des blockbusters. D’ailleurs, je rappelle au passage que le coût des premiers blockbusters de Spielberg et Lucas avoisinaient les 10 millions de dollars par film, soit 15 à 20 fois moins que ceux d’aujourd’hui !

Split a rapporté 276 millions de dollars pour un budget de 9 millions.

Du coup, est-ce que les studios ne se sont pas un peu emportés avec les blockbusters ? Ne pourraient-ils pas réduire le coût de leurs productions ? En consacrant moins d’argent aux effets spéciaux et artifices très coûteux, ne forceraient-ils pas les équipes a trouver des moyens innovants et efficaces de raconter leurs histoires ? Ne forceraient-ils pas non plus les réalisateurs à se concentrer sur le storytelling et les émotions des spectateurs plutôt que sur le prochain « money shot » qui sera à coup sûr dans la bande-annonce ? Enfin, si les productions sont moins chères, ne pourrait-on pas envisager de réduire sensiblement le prix des tickets afin de ramener plus de monde au cinéma ?

Je sais, j’en demande beaucoup et mes souhaits ne se réaliseront probablement pas. Mais, en tant qu’amoureux du cinéma de divertissement, ça me fait de la peine de voir qu’autant de talent et d’argent est gâché dans une machine qui nous montre ses limites semaine après semaine et qui contribue indéniablement au déclin des salles obscures. Ce n’est pas le VOD qui tue le cinéma, c’est l’esprit corporatiste des studios qui oublient que tout bon gestionnaire se doit de penser pognon et qualité en même temps. Le jour ou Netflix produira son ‘Titanic’, il sera trop tard..

Baywatch : Alerte à Hollywood

Le légendaire sauveteur Mitch Buchannon (Dwayne Johnson) est contraint de s’associer à une nouvelle recrue, Matt Brody (Zac Efron), aussi ambitieux que tête brûlée. Ensemble, ils vont tenter de déjouer un complot criminel qui menace l’avenir de la Baie…

Seth Gordon s’est fait une réputation à Hollywood en produisant des comédies à petit budget mais très rentables au box-office, à défaut d’être drôles ou originales. Avec ‘Baywatch’, sa mission est simple : transformer une vieille série télé en une comédie décalée pour adolescents.

Si le parallèle avec le reboot de ‘21 Jump Street’ est évident, il ne s’étend malheureusement pas plus loin qu’au concept de base. Jamais drôle, inutilement sérieux et rarement prenant, ‘Baywatch’ souffre d’un manque criant d’identité et repose uniquement sur le soleil de Malibu, la sympathie de Dwayne Johnson, les abdos de Zac Efron et les (très) belles femmes en maillot de bain. C’est simple, il n’y a eu aucun rire dans la salle et, pour une comédie, c’est tout bonnement inacceptable !

Pire, dans une tentative désespérée de nous arracher un sourire, le film n’hésite pas à aller piocher des séquences déjà vues dans d’autres comédies US. Je pense notamment à une scène d’érection complètement absurde et gênante qui se déroule dans les dix premières minutes du film, immédiatement tirée de l’excellent ‘Mary à tout prix des frères Farrelly.

Ce manque d’originalité lié à la paresse évidente du réalisateur qui préfère utiliser de très mauvais effets spéciaux plutôt que de tourner en mer (la scène du yatch en feu est à s’arracher les yeux) font de ‘Baywatch’ un film de série B, qui ne dépasse pas la nullité de la série originale avec David Hasselhoff et Pamela Anderson.

C’est bien dommage car Dwayne Johnson et Zac Efron sont toujours justes et méritent certainement mieux. Pour ce qui est du reste du casting, force est de constater qu’il ne sert pas à grand-chose si ce n’est pour l’esthétisme ou des gags forcés.

Enfin, si montrer des pectoraux ou un décolleté plongeant dans un film est monnaie courante, l’exercice est omniprésent et totalement gratuit dans Baywatch. L’exposition des corps huilés n’a aucun lien avec les actions ou la personnalité des personnages. Seuls les hommes ont des rôles ‘développés’, réduisant ainsi les femmes à de vulgaires poupées. Effarant en 2017 !

Conclusion : Baywatch est un film paresseux qui repose entièrement sur son concept moqueur et le charme de ses stars. Jamais drôle et inutilement sérieux, il ne dépasse pas la série d’origine. Sans la présence de Dwayne Johnson et Zac Efron, pas sûr que Baywatch soit sur nos écrans…

Note : 2/10